Moi si j’étais journaliste…

Jeudi 19 mai 2011 20h37

Remettons les choses dans leur contexte. Dominique Strauss Kahn, alors directeur du Fond Monétaire International a été accusé de séquestration, d’agression sexuelle et de tentative de viol par une employée da l’hôtel luxueux où il résidait à New York. Point. Pour l’instant, on ne sait pas grand chose d’autre. Pourtant, tous les journalistes en font une affaire d’Etat.

Les journaux française, européens, et américains, en ont même fait leur une:

Cela fait tellement de bruit que même France 2 fait le jeu de cette information “in live” pour pour proposer une émission spéciale le soir où l’affaire passait devant le Grand Tribunal à New York. Les invités, Robert Badinter en tête (ancien ministre), se succéderont probablement pour défendre leur ami.

Actu: La soirée n’a finalement pas toujours suivi la ligne de défense de Strauss Kahn, et les éditorialiste se sont chargés de jouer le rôle de l’accusation, n’en témoigne cette vidéo de clash entre Robert Badinter et Laurent Joffrin (directeur de la publication de Libération):

Depuis samedi midi, depuis que DSK a quitté le Sofitel de Manhattan sur Times Square, tout les regards sont tournés vers cette chambre 2806 du 28eme étage de l’hotel, les médias français, et étrangers ne se sentent plus. Ils se font du coude pour être les premiers à avoir une once d’informations de plus que leurs concurrents, et se sont donnés comme objectif d’avoir le titre qui attirera le plus le ‘bas peuple’, celui que l’on reprendra le plus dans les chaumières.

Lorsque Le Figarro parle d’un “coup de tonnerre”,

L’Humanité titrait sur “le séisme au PS, et Les Echos sur un “impensable scénario”.

Pire, pour France soir, c’était “le drame”

et pour La Nouvelle République “L’humiliation’, alors que Libération le considérait déjà comme “out”,

A l’étranger, aussi, DSK a sa couverture! Le Daily News le montrait du doigt avec un “That’s him” équivoque, après avoir publié à sa une, une photo qui, loin de mettre en valeur les atouts charmeurs du désormais ex président du FMI, le considérait tout bonnement comme un pervers…

Très bien. Que l’on en parle, d’accord. Mais pourquoi les médias s’enflamment-ils tous aussi vite? Ne vaudrait-il pas mieux attendre que le procès ait lieu, si tant est qu’il est lieu, que les éléments à charge, de preuves, et autres éléments de l’enquête soit tous réunis avant de s’offusquer d’un soi disant “complot” dont certains auraient deviné les contours.

Alors en France, on s’offusque des images qui ont circulé depuis l’accusation de ce puissant parmi les puissants. La mise en scène de l’information, le storytelling, les Etats-Unis sont les maîtres en la matière, mais ces mauvaises habitudes journalistiques ne sont pas nouvelles, Christian Salmon en a même fait un livre en 2008.

Alors voilà, ce soir, et parce que ça m’horripile de voir les commentateurs, les journalistes, les pros, et les antis-DSK hausser le ton sur le plateau de France 2, j’ai décidé de vous confier un secret. Gardez le pour vous, mais sachez le, si le monde semble s’être arrêté, depuis lundi midi, si les médias semblent s’être constitué en meute, pour remplir des pages sur cette-information-dont-on-parle-et-que-l’on-surdéveloppe-au-possible-alors-même-que-l’on-n’a-plus-rien-n’a-dire-sur-le-sujet, sachez qu’en réalité, le monde continue de tourner.

Alors voilà, moi si j’étais journaliste, je vous parlerais plutôt ce soir,

du témoignage de Dorothy Parvez, la journaliste d’Al-Jazira à propos de l’enfer des geôles syriennes,

ou encore du refus, du président Medvedev, se signer un accord de désarmement nucléaire,

mais surtout de la violence qui perdure au Bahreïn (c’est là:)

Et puis je vous soufflerais aussi quelques mots sur ces insurgés qui continuent de mourir en Lybie pour défendre leurs droits et leur liberté face à la folie du dictateur qui le sert de président, le colonel Kadhafi,

Je vous confierait peut-être, en passant, l’impression qu’ont aujourd’hui les Japonais d’avoir été mené en bateau depuis l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima, puisqu’ils apprennent seulement maintenant qu’en réalité, les conséquences pourraient être bien plus graves que celles qui leur avaient été annoncés

Et puis j’essaierai de trouver le temps pour vous parler aussi, de la violence qui s’est éprise de Beyrouth lors des commémorations de la “Nakba”, la grande catastrophe de 1948, qui avaient vu le départ des palestiniens de leur terre, des deux premières victimes d’Al-Qaida dans l’Algérie post-Benali, de la terreur que fait régner Bashar-al-Assad dans son pays, du président yéménite qui serait prêt à céder le pouvoir, des 27 irakiens qui ont succombé à l’explosion d’une bombe, bref de toutes ces choses qui se passent autour de nous, qui auront bien plus de conséquences, à terme que cette affaire DSK, mais dont on oublie de nous tenir informé. Ou si peu.

Mais je ne suis pas encore journaliste, et peut-être ne le serais je jamais. Quoi qu’il en soit, depuis que j’ai commencé à écrire cet article, on a tout lu, tout entendu sur DSK. Assigné à résidence, libéré sous caution et avec bracelet électronique, maison hypothéquée, puis finalement retour dans la prison de Rikers Island pour une dernière nuit, filmé en permanence dans l’appartement que sa femme Anne Sinclair a loué à Manhattan pour lui, un appartement surveillé en permanence par un garde armé payé par DSK lui-même, bref, je vous fait confiance pour suivre l’affaire de vous même, de toute façon, j’ai encore pleins d’informations à aller grignoter sur la toile, alors je vous laisse, sur cet état des lieux “minute” et sur mon état d’esprit, sur cette vision du journalisme que je ne partage pas.

Pour terminer sur une pointe d’humour, rappelez vous de l’humeur de Stéphane Guillon à propos de DSK en février 2009.

Depuis, Stéphane Guillon s’est fait viré…

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L’histoire d’une passion

A la rencontre du Gepetto Tourangeau

Alain Pignoux est luthier à Tours. Depuis des années, il se lève chaque matin pour rejoindre le confort sparciate de son petit atelier, devenu, un véritable cocon.

C’est entouré de dizaines de violons, violoncelles, stradivarius et autres instruments du quatuor que ce passionné commence chacune de ses journées par l’ “oscultation” de chacun de ses compagnons de bois.

Quelques notes de musiques résonne dans la pièce, le luthier ose à peine quelques pincements de cordes, il accorde en chaque début de journée une dizaine de seconde à chacune de ces merveilles de virtuose, juste le temps de vérifier que tout est en ordre.

Ensuite, la journée file, au grès des visites des clients, ces musiciens qui viennent demander conseil, trouver une solution à leurs petits bobos. Qu’ils soient musiciens débutants ayant loué une contrebasse à Alain Pignoux, ou instrumentiste de renommée internationale qui lui a laissé son bébé: un violon du 18eme siècle pour que le luthier lui redonne une jeunesse grâce à ses mains d’orfèvre, tous suivent religieusement ces conseils. Toujours à l’écoute de ses clients, il prend compte des exigences de chacun, mais est surtout à l’écoute du bois de chaque instrument, du crin de chaque archer, de l’état de chaque jeu de cordes, et de l’âme de chaque violon. Alain s’impose une rigueur, une précision digne des chirurgiens les plus expérimentés, et chaque instrument passé sur son établis ressort comme pansé de toutes ses blessures.

Reportage: Romain Daniel et Anne-Sophie Garrigou

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L’apprentissage, une voie qui souffre des préjugés.

260 000 jeunes environ passent par la filière de l’apprentissage chaque année dans les quelques 1200 centres de formations d’apprentis que compte l’hexagone. Malgré les promesses de Nicolas Sarkozy pour encourager ces filières, et les avantages certains que l’apprentissage procure en terme d’accès à l’emploi, ces formations souffrent aujourd’hui des préjugés qui l’entourent. Illustration en Indre-et-Loire où les employeurs peinent à trouver des jeunes à employer.

Reportage: Ane-Sophie Garrigou, Mathilde Espinasse

Actualisation: Sur LeNouvelObs, Yannick Commenge se demande si l’apprentissage pourrait être la solution au chômage des jeunes.

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“Nedjma”, chronique d’un quotidien de colonisés

“Nedjma”, chronique d’un quotidien de colonisés

Couverture de "Nedjma" de Kateb Yacine

Né à Constantine en 1929, Kateb Yacine fut journaliste (Alger Républicain), romancier mais aussi poète, et a voyagé à travers l’Europe avant de recevoir le Prix National des Lettres en 1988. Dans Nedjma, ce militant pour l’indépendance de l’Algérie s’inspire de son vécu pour nous livrer sa vision du pays des années 20 à 1947.

Lakhdar, Mourad, Mustapha, et Rachid, jeunes manoeuvres, nous conduisent dans l’envers du décor de l’Algérie française, quotidien rythmé par l’exploitation au travail, les coups, viols, et violences psychologiques. Une énigme se tisse, on ne comprends pas bien d’où les personnages viennent, qui ils sont, et ce qui les a amené à partager cette chambre, cet unique matelas, sur lequel ils se regroupent autour de quelques notes de musique, après une journée de travail ponctuée par le racisme et la suspicion des “Européens”. Présente aussi: la prison. Lakdhar s’en échappe, Mourad y est enfermé après avoir tué M. Ricard, meurtre qui pousse ses compagnons à s’enfuir. On se jette alors à leur suite en bateau, en train ou à pied, à travers des forêts et villages algériens, des aller retour entre Bonne et Constantine, à la rencontre de ceux qui les aident ou les trahissent.

Finalement, c’est Nedjma, “Cendrillon, au soulier brodé de fil de fer” née d’une mère française, qui les relie. Mustapha l’écrit dans ces carnets: tous admirent, adorent cette “beauté captive”. Sa première apparition dans le livre, une longue phrase, tranche avec le rythme qui prévalaient jusque là dans le roman: des actions s’enchaînant en accéléré, des histoires s’entremêlant sans répit descriptif. L’auteur utilisera ce processus poétique, parfois sur deux pages sans point, à l’arrivée de la gare de Bone, ou quand Rachid se “délivre” à un écrivain, au son du cri des cigognes, et aux parfums de lys, thé à la menthe, chicha, basilic, et cèdre. On s’essouffle à la lecture, puis on relie, plus lentement, car chaque mot compte, donne tout son sens à la description, jusqu’à lire ces lignes à voix haute, pour en déceler toute la musique.

Nedjma anime le fantasme de ces fils de la même tribu. Rachid, orphelin de père, professeur, déserteur, chômeur, prisonnier, nomade, est lié par le sang à Mourad, frère de Lakdhar, et recueilli par la mère de Nedjma avant son mariage avec son cousin Kamel en 1942. On découvre, avec les retours en arrière dans l’enfance des mythes, histoires de famille, traditions, et combats, et l’ambivalence du pays aux deux écoles: celle des “indigènes”, et la française avec lever des couleurs le matin, et portrait du maréchal Pétain pour récompense. Lakhdar, ancien berger, battu par son père y subit honte et racisme.

On décèle le combat de l’auteur pour l’indépendance à travers la plume de Mustapha quand il raconte la manifestation étudiante du 8 mai, réprimée par la police, l’armée, et la population des colons, livrant bataille contre les “haillons” algériens. Couvre feus, viols, mort des paysans mitraillés, “rafles”, et humiliation ont été vécus par l’auteur a lui, lui-même présent à la manifestation et arrêté à 16ans.

Cette liberté assumée de passer d’un style à un autre, de dépasser les frontières classiques de la littérature avec des récits qui ne s’arrêtent pas, des répétitions, font que l’on ne peut poser le livre, on le remplit de marque-pages, car on y reviendra, pour relire, réciter, faire découvrir cette prose, et la chanter, d’autant que le sujet est abordé de manière originale, et que le thème reste d’actualité, en témoigne les réactions aux derniers films de Rachid Bouchareb. On ne peut pas non plus ne pas faire le rapprochement avec ce qui se passe actuellement en Tunisie, la révolte populaire a gagné la bataille contre un pouvoir autoritaire.

Pour comprendre pourquoi et comment le poète Kateb Yacine a réussit une telle oeuvre, rien de tel qu’écouter le poète parler lui même de son personnage:

Pour une bio du poète Kateb Yacine, je vous conseille le portrait qu’ont fait de lui les journalistes d’Afrik.com à lire ici.

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L’UE continue sa progression en Europe

En Europe, les extrêmes-droites continuent leur ascension

A l’heure où en France, il n’y a plus de surprises quand à la succession de Marine à la tête du parti crée par son père Jean-Marie Le Pen, le Front National, on assiste en Europe, à l’essor de nouveaux mouvements xénophobes, nationalistes, et anti-islame. Au Parlement européen, on compte déjà 38 eurodéputés appartenant à des partis populistes. Et l’extrême-droite est comme une rivière, après la sècheresse de ces berges au lendemain de la seconde-guerre mondiale, quelques ruisseaux ont refait surface dans les années 90, pour arriver à la situation actuelle, l’heure des crues, où l’extrême droite déborde vers des partis de la droite conservatrice. Une situation qui oblige les gouvernements en place, comme la France, à s’accaparer des termes de l’extrême-droite pour les imposer au débat public (sécurité, identité national, burka, etc.). La spectaculaire percée de la « liste Pim Fortuyn » aux Pays-Bas, l’arrivée historique de 20 “Démocrates Suédois” dans leur parlement national, le score incroyable de “Jobbik”: 16,7% aux dernières législatives en Hongrie, la participation concrète de la Ligue du Nord au gouvernement italien avec Umberto Bossi devenu le plus fidèle allié de Silvio Berlusconi, les référendums suisses qui approuvent l’interdiction de construire des minarets, la déferlante de l’influence de l’extrême-droite n’en finit pas. Le populisme continue sa croisade, impregnant la majorité des pays européens:

Si les partis d’extrême-droite affirment toujours leur propagande xénophobe, raciste, anti-avortement, et anti-européen, leurs jeunes leaders, formés dans de grandes universités, ont permis aux partis d’engager une profonde mutation. Leurs discours sont plus habiles, plus accessibles, plus acceptables même, et ils tranchent avec ceux de leurs aînés. Sur le plan idéologique, même si le fond reste le même, avec la défense de l’identité, de la culture et des racines, les partis d’extrême-droite se sont servis des crises économique, sociale, culturelle et des systèmes politiques pour dénoncer le manque de réactivité des gouvernements en place, et leur incapacité à résoudre ces problèmes de société. C’est ce que nous explique Philippe Lamy, doctorant en Sciences Politiques spécialiste de l’extrême-droite et consultant pour la Ligue des Droits de l’Homme.

Tours se mobilise contre le Front National

A la veille du congrès du FN à Tours, le CNP (Cinéma National Populaire) a organisé une soirée sur le thème “Où en est l’extrême droite en Europe”, le jeudi 13 janvier 2011. Au programme, la projection du film “L’Europe: ascenseur pour les fachos”, une enquête de 55 minutes réalisée par Barbara Conforti et Stéphane Le Petit, et qui dévoile des images inédites, notamment sur les groupuscules néofascistes, néonazis, ultra-radicaux, xénophobes et surtout décomplexés qui se multiplient en Europe.

Image du film "Europe: ascenseur pour les fachos"

Gestes et symboles évocateurs comme le salut nazi, création de « zones nationales libérées » et de « camps » pour l’éducation des jeunes en Allemagne, défilés au pas d’une milice privée qui fait rêver les jeunes Français venus assister au spectacle en Hongrie, jeunes suédois défilant dans les rues pour défendre la supériorité d’une race blanche, ou encore coalition en Italie entre le premier ministre Silvio Berlusconi et d’ex-membres de mouvements fascistes condamnés, les images sont troublantes. A la fin du film, le silence est pesant dans la salle pourtant comble. Le débat animé par Philippe Lamy, et en collaboration avec Les Amis du Monde Diplomatique, la CIMADE 37, RESF, et Saint Avertin Avenir, est tendu, les spectateurs sont bouleversé, et il ne leur reste que la colère pour exprimer leur sentiment. Rencontre après la tempête, avec l’un d’entre eux.

Après le pique-nique qui a réunit une centaine de personne place Jean Jaurès vendredi midi, d’autres événements ont lieu ce week-end à Tours pour protester contre le congrès du Front National qui se tient au Vinci. Vendredi 14 janvier, à 20 heures, Jean-Pierre Dubois, le président de la LDH, Edwy Plenel, journaliste et fondateur de Médiapart.fr, et Caroline de Hass, porte parole de Osez le féminisme, ont animé une conférence sur la remise en cause des Libertés fondamentales, dans le grand amphithéâtre de la faculté de médecine de Tours.

Samedi 15 janvier une manifestation unitaire partira à 14h30 de Place de la Liberté, à Tours, et fera chemin jusqu’à la Place Jean Jaurès avec pour seul slogan « Ensemble contre l’extrême droite ». A l’arrivée, les organisateurs prendront la parole le temps de lire le tract rédigé par les nombreuses et plurielles associations présentes à ce contre-congrès : ATTAC 37, Alternative Libertaire, les Alternatifs, Les Amis de Demain Le Grand Soir, Association des Communistes Unitaires (ACU), CIMADE 37, CGT 37, Comité de soutien aux 4 de Tours, Convergences 37, Désir d’Avenir 37, Europe Ecologie-Les Verts 37, Fac Verte 37, FASE, FSU 37, Ligue des droits de l’Homme 37, Mouvement Français du Planning Familial 37, MJS 37, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste 37, Parti de Gauche 37, Parti Socialiste 37, RESF 37, Union Syndicale Solidaires, SUD- Etudiants, SUD Santé Sociaux, UNEF 37 et UNL 37.

Actualisation: Marine Le Pen fait le buzz en ce début du mois de mai. A quatorze mois de l’élection présidentielle, un sondage commandé par le journal La Parisien la placerait en tête des intentions de vote: Marine Le Pen en tête des sondages selon LeParisien. Les critiques vont bon train, depuis que de nouvelles études, réalisées par le même institut Harris Interactive, aient confirmé que la première dame du Front National confirmerait sa place quelque soit le candidat socialiste. La politique de Nicolas Sarkozy, le manque d’appropriation de sujets sensibles par la gauche, mais aussi les méthodes de sondage utilisé par l’institut (qui aurait proposé une rémunération aux sondés), tous tentent de décrédibiliser ces chiffres qui en effraie la classe politique dans sa quasi-totalité: Le sondage qui fait du bruit analysé sur Slate.fr.

Et pour en savoir plus toute l’année, sur l’extrême-droite en Europe, n’hésitez pas à consulter l’excellent site des étudiants de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille: Trans Europe Extrêmes.

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L’Europe en proie à une vague populiste

L’extrême droite continue son ascension en Europe

A l’heure ou en France, Jean-Marie Le Pen, s’apprête à laisser sa place à la tête du Front National dans un combat illégal qui opposera les 15 et 16 décembre prochain, la fille légitime du fondateur du parti: Marine Le Pen à Bruno Gollnisch, le vice-président du FN, toute l’Europe est en proie à une dangereuse montée de l’extrême droite, et à l’essor de mouvements xénophobes ou nationalistes.

La première alarme de cette vague populiste a été le score surprise de Jean Marie Le Pen aux élections présidentielles en France et ses 17 % de voix au premier tour. Aux dernières législatives, le FN avait aussi atteint le score important de 4,3% des voix, et Jean-Marie Le Pen a même laissé échapper son ambition, et même sa conviction que le FN, dont il devient le président d’honneur à 82ans, sera présent au second tour des présidentielles de 2012.

Mais la spectaculaire percée de la “liste Pim Fortuyn” aux Pays-Bas a également marqué le début de cette nouvelle ère. Le parti du député indépendant Geert Wilders parti n’existait pourtant que depuis 3mois, mais ses représentants ont obtenus 16,9 % des voix et 4 sièges sur 25 au Parlement européen en 2009, ce qui en fait la seconde force politique du pays, derrière le premier parti, le PvdA.

Dans ce pays, fondateur de l’Europe, et à l’économie pourtant solide, le PVV, parti pour la liberté, a également fait un très bon score aux élections législatives nationales en réunissant 15,5% des voix, ce qui lui a permis d’entrer, pour la première fois au Parlement National et d’y occuper 26 sièges sur 150 en juin 2010.

En septembre 2010, en Suède, l’extrême droite des Démocrates de Suède (SD), a elle aussi réalisé une percée historique aux législatives avec 5,7 % des suffrages, ce qui a privé le gouvernement d’obtenir une majorité absolue. Pour la première fois, l’extrême droite entre au Parlement Suédois rafle 20 sièges, mais le chef du parti Jimmie Aakesson l’a promis: il ne créera pas le chaos au Parlement suédois. Et la Suède, elle aussi a envoyé des députés d’extrême droite au Parlement Européen.

Mais le record européen de l’extrême-droite, est détenu par la Hongrie. En avril dernier, le parti Jobbik a obtenu 16,7% pour sa première entrée au Parlement, qui lui réserve désormais 46 sièges. Premier mis en cause, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui voulait offrir la nationalité hongroise aux minorités magyarophones vivant dans les pays frontaliers. Roumain et slovaque ont été scandalisé, et cette revendication est aujourd’hui au coeur du programme du parti Jobbik. Un score affolant et inquiétant, puisque depuis le 1er janvier 2011, la Hongrie assure la présidence tournante de l’Union Européenne.

Autre succès électoral récent de l’extrême-droite : l’Autriche, où le FPO de Jorg Haider (décédé en 2008) et le BZÖ ont séduit un cinquième des électeurs, et récolté 28,2% des voix aux dernières législatives. Le parti est devenu majoritaire et est entré au gouvernement en partageant le pouvoir avec le parti conservateur depuis octobre 1999. Aucune surprise quant à leur représentation au Parlement Européen eux aussi, ce qui surprend par contre, c’est l’analyse de leur électorat. Heinz-Christian Strache le successeur de Jorg Haider au FPÖ a réussit à séduire les jeunes.

En Italie, le parti populiste et anti-immigrés de la Ligue du Nord participe concrètement au gouvernement, en plus d’avoir obtenu 8,3% des voix aus ernières législatives. Roberto Maroni, le ministre italien de l’Intérieur et un des membres les plus influents de la Ligue du Nord, d’Umberto Bossi en est le symbole incarné. Il est d’ailleurs devenu le plus fidèle allié de Silvio Berlusconi, au même titre que Gianfranco Fini, président de l’ Alliance Nationale. Eux aussi ont leur envoyés spéciaux à Strasbourg.

Même phénomène constaté au Danemark. La propagande ouvertement xénophobe de l’extrême-droite a franchi un pas de plus en 2007 en entrant au gouvernement grâce à une alliance avec le parti libéral conservateur au pouvoir. Le parti populaire danois (DF) avait en effet à l’époque obtenu 13,9% des voix aux élections législatives en 2007, et le durcisse­ment des lois contre l’immigration a même été pré­senté comme le modèle européen à suivre. Est-il nécessaire de le préciser, eux aussi sont représentés au Parlement Européen.

En Belgique également, le populisme continue sa croisade. Le Vlaams Blok, parti nationaliste flamand d’extrême-droite aux idées conservatrices, nationalistes et séparatistes, est fréquemment accusé de racisme. Il a pourtant ob­tenu 33 % des suffrages aux élections com­munales à Anvers en octobre 2000, et la Nouvelle Alliance flamande (N-VA) a décroché 29,5% des voix aux législatives européennes de 2010. Au niveau national, Le VB et le FN belge ont accumulé 8,2% des vois aux dernières législatives.

Une campagne axée quasi exclusivement contre l’immigration, a permis au parti suisse, cette fois: l’Union Démocratique du Centre à recueillir 22,5 % des voix aux élections législatives d’octobre 1999. Sa progression n’a pas été remise en cause, bien au contraire, puisque quaux législatives de 2007, l’UDC a réunit 29% des voix. Et les résultats sont déjà là, après avoir interdit la construction de minarets sur le territoire en 2009, le gouvernement a fait passer l’an dernier, un texte permettent le renvoi automatique d’étrangers criminels du pays, et ce, par référendum…

Dans les autres pays européens aussi, l’extrême droite continue d’être largement représentée. En Slovaquie, le SNS (Parti National Slovaque) a réunit 5,1% des voix aux dernières législatives nationales, et ses députés sont représentés au Parlement Européen.

Et partout ailleurs, l’extrême droite continue d’être représentée:

En Roumanie, le Parti de la Grande Roumanie (PMR) a séduit 3,2% des électeurs aux dernières législatives.

Le Laos, ou Alerte populaire orthodoxe fondée en 2000 a lui récolté 5,6% des vois aux dernière législatives grecques.

2% des Allemands se sont eux, éparpillés entre le Parti national-démocrate d’Allemagne néonazi, xénophobe, antisémite, (NPD), le Republikaner, et l’Union populaire allemande (DVU).

Quant aux Finlandais, 4,1% ont aux été convaincu par les “Vrais Finnois” aux dernières élections internes.

La Bulgarie a elle aussi envoyé des députés extrémistes à Strasbourg, quant à ses élections nationales, l’Ataka (Union nationale Attaque nationaliste) a récolté le score inimaginable de 9,4% des voix aux législatives.

En Pologne l’Autodéfense de la République de Pologne populiste (SRP) et Ligue des familles polonaises nationaliste (LPR), qui faisaient parti du gouvernement grâce à une coalition avec le PiS social-conservateur jusqu’en 2006, ont tout de même obtenu 2,8% aux dernières législatives.

Enfin, en Slovénie, le Parti National Slovène (SNS) a récolté 5,4% des voix aux dernières législatives.

Dans ce contexte, le Parlement Européen s’est rempli de populistes. Les députés dextrême droite représentent 5,2% de l’ensemble des députés européens. Alors qu’ils étaient 6 en 1979, ils sont 38 aujourd’hui, et viennent donc de Suède, du Danemark, de Lettonie, des Pays-Bas, de Slovaquie, de Hongrie, de Bulgarie, d’Italie, et d’Autriche. Les revendications de l’extrême droite ne servent plus seulement à représenter ceux qui se sentent exclu du système, mais les partis sont devenus de réelles forces politiques, ce qui laisse des doutes sur l’avenir réservé à l’Europe.  Si les périodes de crises économiques expliquent une partie des désenchantements des populations, qui, ne croyant plus ni à la gauche, ni à la droite, vont chercher dans les extrêmes, une réponse à leurs difficultés, qu’en est-il des vrais sujets. Le multiculturalisme, et l’islam,cibles privilégiés de l’extrême droite vont-ils devoir infliger à l’Europe une nouvelle conception de sa politique? La libre circulation des homme, de la liberté de religion, les quelques atouts de la mondialisation sont-ils en danger?
C’est la question qu’il va falloir très vite se poser avant qu’une institution crée par des pacifistes ambitieux désirant maintenir la paix entre les Nations ne tourne à un malheureux retour en arrière.

Et en France, nous sommes les premiers à nous informer, éduquer nos enfants, les prévenir de ses dérives, afin que jamais ne se reproduisent ce que ma génération n’a connu qu’à travers de terribles récits et romans insoutenables. Oui, nous les Français, devront être les premiers vigilants. Notre pays n’a-t-il pas été menacé de poursuites par la Commission européenne pour sa politique controversée à l’encontre des Roms, il y a quelques mois seulement? Ne sommes nous pas en train de revenir à des discours qui n’ont pas lieu d’être dans un pays que l’on veut “des droits de l’homme”, “laïque”, et égalitaire? Les dérives populistes sont partout, dans nos télés, nos publicités, nos films ou livres parfois malheureusement. Mais une chose est sûre, séduction des électeurs du Front national ou non, Nicolas Sarkozy devra répondre aux attaques européennes, et murir la remontée du FN aux élections régionales de mars dernier, où ce sera à nous, simples citoyens, de nous manifester pour ne pas retomber dans le cauchemar des générations précédentes.

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Le repas gastronomique français à l’Unesco

Le repas gastronomique français vient d’être reconnu patrimoine immatériel de l’humanité. Reportage, à Tours, avec Marion Riffault et Anne-Sophie Garrigou.

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